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Bienvenue au Manoir de l’Engagiste ! 

Vous admirez aujourd’hui une demeure qui a évolué au cours des siècles à l’image de la ville d’Orbec. La Manoir de l’Engagiste fait partie de l’histoire de cette ville d’un point de vue architectural et historique. C’est en effet un superbe exemple de construction en pan de bois et il porte le nom d’une fonction  : l’Engagiste… 

Un peu d’histoire…

Cette demeure a été construite aux XVème, XVIIème et XVIIIème siècles à proximité du Château d’Orbec.

Sur votre droite se dressent quelques fragments de hauts murs et contrefort dans la cour, vestiges probables de la « Neuve tour ou Tour devers le Vivier et Saint Remy » qui deviendra la geôle de la vicomté au XVème siècle. Aujourd’hui le château médiéval a presque entièrement disparu, démantelé à partir du XIVème siècle, ses pierres furent utilisées pour construire d’autres édifices dont l’église Notre Dame d’Orbec.

Face à vous « l’Ostel du Roi », ou « Maison du roi ». Une maison du Roi existait dans de nombreuses villes et était destinée à l’accueillir lors de ses voyages. Elle n’appartenait pas forcément au domaine royal. Celle d’Orbec a bien porté son nom au moins une fois puisqu’on sait que Louis XIII y a dormit le 24 juillet 1620 !

Brûlée, réparée, le logis central prend sa physionomie actuelle au XVème siècle. On sait d’ailleurs qu’en 1445 les travaux ont été précipité par la nouvelle de la venue du Duc d’York ! 

Sur votre gauche, un agrandissement a été réalisé aux XVIIème et XVIIIème siècles perpendiculairement au logis ancien.

Habitée par plusieurs vicomtes d’Orbec cette maison fut la demeure de l’Engagiste du domaine jusqu’à la veille de la Révolution.

C’est à Marie-Anne Dirlande d’Abenon, veuve de Jean-Baptiste Bernardin du Prael, chevalier de Surville que l’on doit les travaux d’agrandissement vers 1750 tout comme la construction du porche et les travaux de maçonnerie du rez-de-chaussée à l’aplomb de l’encorbellement.

D’après un historien local il fut fait « une dépense considérable pour la vue et les ornements intérieurs ». On admire également le corps de bâtiment en pierre appartenant à la demeure voisine et accolé à l’agrandissement des XVIIème et XVIIIème siècle. Cette pierre provient de la carrière toute proche qui abrite aujourd’hui une champignonnière.

A la révolution, la demeure est vendue comme bien national en 1793 et devient la propriété de la famille Doublet de la Houssaye jusqu’en 1891.

Appartenant aujourd’hui à Monsieur et Madame Dubois, ils l’ont restauré avec beaucoup d’énergie et de goût pour en faire un lieu ouvert à la création tout en respectant son âme et son histoire.

Un peu d’architecture…

La partie la plus ancienne a été édifiée au XVème siècle et présente un bel encorbellement. Ce débord de l’étage supérieur que l’on nomme encorbellement permet, outre un gain d’espace, de protéger la partie basse du bâtiment du ruissellement des eaux de pluie.

Ce premier logis et l’agrandissement perpendiculaire construit un peu plus tard sont édifiés en pan de bois. Construction typique du Pays d’Auge, le pan de bois est très bien représenté à Orbec. En effet, la ville n’a pas subi de lourds dégâts lors des conflits de la Seconde Guerre Mondiale et a ainsi préservé son patrimoine architectural ancien.

On distingue entre les deux bâtiments une excroissance qui permettait de passer du bâtiment du XVème siècle aux bâtiments plus récents. 

Vous pouvez également remarquer, sur le logis ancien, les écus peints par le propriétaire qui marquent la rencontre entre les poteaux verticaux et ce que l’on nomme une sablière. La sablière est cette pièce maitresse horizontale qui compose une partie de l’armature de la paroi en pan de bois. 

Le soubassement nommé également solin est constitué des pierres locales : grés, silex et craie. 

Entre les pièces de bois on trouve l’entre colombage ou hourdis, il est principalement constitué de torchis généralement recouvert d’un enduit mais on peut aussi distinguer des tuileaux décoratifs. 

L’Engagiste : 

L’étymologie du mot engagiste vient de gage. C’est le gestionnaire local des biens du Roi, celui auquel, moyennant finance, était concédée la gestion du domaine. A Orbec il avait notamment pour charge l’entretien des halles, du château ou de la prison. La propriété du domaine engagé demeure toujours celle du roi, l’engagiste n’en a que la jouissance. Par conséquent l’engagiste ne peut se qualifier de duc, comte, marquis ou baron mais seulement de seigneur par engagement d’un domaine ou d’une terre. Le Roi a la possibilité perpétuelle de reprendre le bien engagé à tout moment en remboursant l’acquéreur de son prix. 

Pourquoi ce blason ?

Ce n’est pas celui de l’engagiste mais simplement le motif décoratif d’un carreau de pavement en terre cuite vernissée datant certainement du XVème siècle et retrouvé par Annick et Christian lors des travaux de rénovation.

Ce genre de pavé était très répandus au Moyen-Age et particulièrement en Basse Normandie grâce aux ateliers de céramique du Pré d’Auge par exemple. Généralement de couleur orangée à brun au décor jaune, il apparait recoloré sur les panneaux indiquant le manoir et on pourrait le lire ainsi si c’était un blason : d’Azur au chevron de gueule accompagné de trois merlettes d’or posées deux et un.


15, rue Saint Rémy 14290 Orbec Tél : 06 84 75 67 33
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